Le Richer de Belleval

La nouvelle épopée des Pourcel

Le Richer de Belleval
30 mai 2022 Camille

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Après cinq ans d’absence, les frères Pourcel signent avec faste leur retour sur la scène gastronomique française. Bienvenue au Richer de Belleval, ancien hôtel particulier repimpé en hôtel très particulier, où l’on se délecte à nouveau de la cuisine solaire des jumeaux étoilés.

Cela faisait cinq ans qu’on les attendait. C’est sur la place Canourgue, épicentre du Montpellier ancien, que les frères Jacques et Laurent Pourcel font leur rentrée. Ce projet, voilà 11 ans qu’ils le nourrissaient. Depuis qu’ils avaient racheté en 2010 cette noble bâtisse au caractère modelé par plusieurs siècles d’histoire. Construit à la fin du 17ème siècle puis passé aux mains de la famille Richer de Belleval, l’édifice avait accueilli l’hôtel de ville de Montpellier durant près d’un siècle, avant d’être transformé en annexe du Palais de Justice.

Voici donc qu’en 2017, le Richer entame un nouveau chapitre de son histoire, sous la houlette du groupe Helenis, des frères Pourcel et d’Olivier Château, associé de la première heure des deux jumeaux. Forcément, il aura fallu plusieurs années de travaux pour rendre à l’écrin sa gloire d’antan, mais surtout pour remettre à l’honneur ses trésors ornementaux. Une tâche confiée au cabinet d’architecture Philippe Prost, chargé de la réhabilitation des lieux, et à l’Atelier de Ricou, qui s’est attelé à restaurer les fresques et dorures, les bustes historiques, les peintures et les gypseries qui étoilent la bâtisse.

En juin 2021, le Richer de Belleval dévoilait au public un nouveau visage, non pas métamorphosé, mais inscrit dans un dialogue entre passé et présent habilement mené. Partout dans l’hôtel 5 étoiles, l’art contemporain relance le temps là où il s’était arrêté. Preuve en est dès le porche d’entrée et son plafond en céramique orné de cœurs signé par l’artiste James Dine, soutenu par d’imposantes colonnes en pierre de taille néoclassiques. Dans le hall intérieur, hérons et autres volatiles sculptés par Marlène Mocquet viennent se percher sur les corniches qui surplombent le grand escalier, tandis que le lanternon d’une ancienne salle des mariages (où trône encore le buste de Marianne) accueille cinq panneaux créés par l’artiste Jan Fabre, composés de milliers d’élytres de scarabée.

Pour autant, le Richer ne se rêve pas en musée. On est bien là dans un hôtel – et Relais & Châteaux s’il vous plaît – et tout ce que cela implique en termes de confort, d’expériences et d’hospitalité. Confiée à Christian Collot, la décoration poursuit ainsi le travail de conversation entre les époques dans une mise en scène sage, contemporaine et feutrée.  Réparties sur deux niveaux, les 20 chambres se déclinent dans des teintes monochromes, tour à tour vibrantes ou poudrées. S’y côtoient meubles modernes et éléments vintage, linge de maison Garnier Thiébaut, tapis Moooi ou Christian Lacroix, fresques anciennes et objets dénichés auprès des boutiques locales, à l’instar de ces fleurs démesurées confectionnées par l’Atelier Shamarée. Le résultat est très abouti, et une fois passée l’impression théâtrale qui se dégage des lieux, on se sent rapidement au Richer comme à la maison (mais en mieux, forcément).

Mais parlons cuisine à présent, car c’est aussi là l’un des principaux arguments du Richer : son restaurant de Montpellier. Sous les voûtes Renaissance de trois salles à manger, le Jardin des Sens renaît, et avec lui la gastronomie festive, solaire et joyeuse des Pourcel. Déclinés en 10 ou 15 plats, les deux menus entament une divine « conversation avec la Méditerranée » et ce qu’elle a de meilleur à offrir. Après une kyrielle de gourmandises à grignoter, on se laisse tour à tour subjuguer par une rosace de Saint-Jacques marinées et qui fait une entrée fracassante ; un yaourt à la châtaigne à l’onctuosité céleste ; un homard bleu rôti et sa raviole de potimarron qui fond joliment sous la dent, ou encore deux beaux médaillons de noisette de chevreuil à l’infinie tendresse, dans leur coulis d’airelle et jus poivrade cacao. Une symphonie sans fausse note, qui fait la part belle au terroir occitan comme aux grands crus de région, à travers une carte de vins qui relève de la grande sommellerie.

On mentionnera aussi l’alternative accessible et décontractée proposée à la Canourgue, où l’on goûte une cuisine colorée, entre saveurs d’ailleurs et grands classiques français, cassolette de gnocchis aux gambas et onglet de bœuf grillé. À l’équilibre parfait entre fraicheur, douceur et acidité, les desserts constituent un heureux dénouement à cette belle épopée, qui consacre à nouveau les Pourcel, s’il en fallait.

Mathilda Panigada

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