Forêt perchée à 2 heures de Paris, château posé au bord d’un lac, ancienne cave coopérative changée en loft, refuge accroché à 1 850 mètres : partout en France, l’hôtellerie a fait du débranchement une discipline. Voici 10 adresses pour déconnecter vraiment : couper le wifi, ralentir le pas, réapprendre le silence, de la Touraine au sommet du Mont d’Arbois.
Loire Valley Lodges, la déconnexion perchée en Touraine
Pas de télévision, pas de wifi dans les lodges : à 2 heures de Paris, Loire Valley Lodges a fait de la coupure numérique son principe fondateur, et c’est sans doute l’adresse digital detox la plus aboutie de France pour un week-end dans la nature près de la capitale. Au sud de Tours, 21 lodges de 35 m² s’accrochent à quatre mètres du sol, construits sur pilotis en douglas, châtaignier et chêne, les essences mêmes de la forêt privée de 300 hectares qui les entoure. Chacun se prolonge d’une terrasse de 25 m² avec spa privé, et chacun a été confié à un artiste, JonOne ou Aurèle, qui en a fait une galerie habitée.
Le matin, la lumière passe entre les branches de cette incroyable forêt privée, on entend les oiseaux plutôt qu’un réveil, et l’on traverse la cour des aromatiques où coriandre, basilic et thym embaument à deux pas des cuisines. Côté table, le restaurant Ardent puise dans la forêt, le potager et les producteurs voisins une cuisine que l’on dirait cueillie le jour même. Pour le reste, on nage dans le bassin de 20 mètres ouvert de mai à octobre, on s’offre un massage aux huiles de la forêt ou un bain de forêt, ce fameux shinrin-yoku japonais. Voilà un hôtel spa proche de Paris où l’on vient pour la nature, pas pour le standing.
Ce qui fait la différence ? On vous attribue un arbre protecteur parmi les 21 que compte la forêt, le vôtre, à retrouver à chaque séjour, et dont on peut même repartir avec un plant.
Loire Valley Lodges
1 allée de la Duporterie, 37320 Esvres-sur-Indre
21 clés, à partir de 290 euros la nuit

Loire Valley Lodges, la déconnexion perchée en Touraine © DR
Domaine de la Bretesche, le château-golf breton
On franchit les grilles en fer forgé, l’allée s’enfonce sous les arbres, et un château du XVe siècle se dresse au bord d’un lac : aux portes de la Bretagne, le Domaine de la Bretesche est l’un des plus beaux hôtels 5 étoiles de la région. Ce Relais & Châteaux a installé ses chambres, suites et villas dans les anciennes dépendances, redessinées par Stéphanie Decurey entre boiseries restaurées et touches contemporaines, à l’orée de 200 hectares de forêt du parc régional de Brière, à 2h40 de Paris en train (4h en voiture).
Le grand jeu, ici, c’est le golf : un parcours 18 trous de 6 015 mètres tracé par l’Anglais Henry Cotton en 1967, qui serpente entre chênes centenaires et étang, le château en ligne de mire. Le premier départ se trouve à quelques pas de la sortie de l’hôtel, un vrai luxe. Côté bien-être, le Spa de la Cour Carrée aligne ses soins Cinq Mondes et Omnisens autour d’une longue piscine intérieure sous verrière, prolongée d’une piscine extérieure chauffée aux beaux jours. Le chef Filipe Silvestre, d’origine portugaise, mène la brasserie Le Club avec les légumes du potager en permaculture et les meilleurs produits du terroir breton. L’apéritif se prend au Bar des Écuries, dans les anciennes stalles. Pour une escapade romantique ou un week-end à la campagne, on réserve une table au coucher du soleil, quand la lumière dorée traverse les baies vitrées donnant sur le lac.
Ce qui fait la différence ? Une maison de famille pour laquelle des habitués reviennent depuis des années, golf à la porte et calme retrouvé dès la nuit tombée.
Domaine de la Bretesche
44780 Missillac
40 clés, à partir de 301 euros la nuit

Domaine de la Bretesche, le château-golf breton © Adrien Ozouf

Domaine de la Bretesche, le château-golf breton © Adrien Ozouf
Les Sources de Cheverny, le hameau chic au pied des châteaux
Entre Chambord et Chenonceau, Les Sources de Cheverny compte parmi les meilleurs hôtels pour dormir au plus près des châteaux de la Loire. Alice et Jérôme Tourbier, à qui l’on doit les Sources de Caudalie dans le Bordelais, ont transformé le château du Breuil, une demeure du XVIIIe siècle, et les longères alentour en un hameau de 49 chambres dispersées entre pierre ancienne et bois contemporain. On y dort dans une suite châtelaine au parquet qui craque ou dans un cabanon perché sur pilotis face à l’étang.
Le matin, on enfile les bottes en caoutchouc alignées à l’entrée pour marcher dans la forêt de Sologne, puis on file au Spa Caudalie : sous une charpente de bois, un bassin de relaxation, un hammam, et dehors un bain à remous en chêne rempli d’eau thermale chaude. La piscine extérieure de plus de 20 mètres s’étire jusqu’à la lisière des arbres. À table, le chef Pierre Frindel, passé par Robuchon, Gagnaire et les Sources de Caudalie, signe au Favori une cuisine étoilée tournée vers le terroir ligérien et la Sologne. L’Auberge, distinguée d’un Bib Gourmand, fait tourner sa rôtissoire au feu de bois. Pour rayonner, Chambord est à 20 minutes, Chenonceau à 30 : difficile de trouver meilleur camp de base dans tout le Val de Loire.
Ce qui fait la différence ? La cuvée maison, un Cour-Cheverny bio tiré des sept hectares de romorantin plantés sur le domaine, qu’on emporte dans sa valise.
Les Sources de Cheverny
23 route de Fougère, 41700 Cheverny
49 clés, à partir de 290 euros la nuit

Les sources de Cheverny ©Marie-Pierre Morel

Les sources de Cheverny ©Marie-Pierre Morel
Domaine du Roncemay, la campagne bourguignonne et son spa-lavoir
Un spa de 800 m² dessiné comme un lavoir bourguignon, tout en eau, pierre et lumière : c’est par là que commence un séjour au Domaine du Roncemay. À 1h40 de Paris, au départ de la route des vins de Bourgogne, une bâtisse bourguignonne et un petit château du XIXe siècle se partagent 140 hectares de forêt, entre Joigny et Auxerre. 23 chambres fraîchement rénovées mêlent pierre de Bourgogne, bois massif, meubles de famille et têtes de lit d’un tapissier local.
Le spa, donc : cinq cabines, une piscine intérieure à parcours sensoriel, sauna et hammam, dans un décor qui fait de l’eau le cœur du séjour. Dehors, un 18 trous de plus de 6 000 mètres fondé par les golfeurs internationaux Jean Garaïalde et Jeremy Pern traverse chênes, hêtres et bouleaux à la manière des links écossais. À table, les chefs Clément Vergeat et Marine Mateos signent depuis peu la cuisine du domaine, du bistrot au restaurant gastronomique ERRE, étoilé au Michelin. On y vient pour tout oublier : marcher des kilomètres de sentiers balisés, paresser au bord de la piscine, ne rien décider.
Ce qui fait la différence ? Un spa pensé comme un lavoir, qui fait du rapport à l’eau le fil conducteur de chaque journée.
Domaine du Roncemay
Boisserelle, 89110 Chassy
23 clés, à partir de 139 euros la nuit

Domaine du Roncemay, la campagne bourguignonne © DR
Domaine des Andéols, l’art et le farniente en Luberon
Un platane de 400 ans abrite le restaurant, et tout le Domaine des Andéols semble organisé autour de lui. Sur les hauteurs de Saint-Saturnin-lès-Apt, à quelques minutes de Gordes et de Roussillon, ce hameau du Luberon aligne huit Suites Nature et onze maisons indépendantes sur une trentaine d’hectares d’oliviers, de vignes et de lavande, chacune avec son fragment de Provence et, pour certaines, sa piscine privée.
L’endroit tient autant de la galerie que de l’hôtel : peintures, sculptures, dessins et meubles de designers habitent chaque maison, posés là comme dans une demeure de collectionneur. On passe la journée à ne pas faire grand-chose : un bain dans la piscine à débordement face aux collines, un soin dans la cabine, une séance de yoga, une sieste à l’ombre. Le chef Aurélien Egger, passé notamment par Pierre Gagnaire, met le potager à l’honneur au Platane, où la cuisine provençale se savoure au coucher du soleil. Le silence, l’espace, le temps qui s’étire : c’est la promesse, et elle est tenue.
Ce qui fait la différence ? Des maisons baptisées plutôt que numérotées, chacune un monde en soi, qu’on a envie de toutes essayer.
Domaine des Andéols
Les Andéols, 84490 Saint-Saturnin-lès-Apt
19 clés. À partir de 325 euros la nuit

Domaine des Andéols © DR
La Bastide du Mourre, la retraite bien-être face à Oppède
Murs en pierres sèches, oliviers, chant des cigales dans la garrigue : sur une colline face à Oppède-le-Vieux, La Bastide du Mourre cultive une Provence qui prend son temps. Cette bastide du XVIIe siècle, devenue maison d’hôtes de la Fontenille Collection, a fait de la reconnexion son seul programme, à quelques minutes de Gordes et de Roussillon.
Une quinzaine de chambres aux tons crème, mobilier chiné, linge de lin et volumes baignés de lumière : rien qui crie, tout qui apaise. La semaine se rythme à un programme bien-être pensé pour bouger sans pression : yoga au lever du jour, pilates, soins signés On The Wild Side, randonnées dans la garrigue. La table d’hôtes, sur une terrasse suspendue face aux collines, suit le marché : cuisine solaire le midi, menu provençal au dîner. On vient ici comme on irait en retraite : pour décrocher pour de bon, dormir tôt, marcher beaucoup et se rappeler à quel point le silence repose.
Ce qui fait la différence ? Une cotisation incluse dans le séjour, reversée aux fermes et vignerons voisins et à la protection du parc du Luberon.
La Bastide du Mourre
84580 Oppède
17 clés, à partir de 250 euros la nuit

La Bastide du Mourre, la retraite bien-être face à Oppède © Fontenille Collection | Gaelle Le Boulicaut
Domaine Riberach, dormir dans une cave catalane
En 1925, c’était la cave coopérative de Bélesta, où le village apportait ses vendanges. Aujourd’hui, le Domaine Riberach a glissé ses chambres dans et au-dessus des anciennes cuves à vin, sans rien renier de cette cathédrale industrielle. À 25 minutes de Perpignan, au pied d’un château médiéval, dans les Pyrénées-Orientales, l’écolodge décline une philosophie de la lenteur jusque dans ses moindres détails.
18 chambres aux volumes monumentaux, un spa logé dans cinq cuves, une piscine naturelle filtrée par les plantes, des bâtiments chauffés par géothermie et des vignes travaillées sans pesticides : l’engagement écologique n’est pas un argument, c’est la structure même du lieu. À table, le chef Dennys Teixeira mène La Coopérative, étoile rouge et étoile verte au Michelin, une cuisine de saison en circuit court. L’été, le Cargol’21 sort les grillades au charbon de bois sur la terrasse face aux vignes. Boire un verre du domaine, dîner sous la charpente métallique, dormir dans une cuve : l’expérience est aussi singulière que reposante.
Ce qui fait la différence ? Une piscine filtrée par les plantes, qui impose à qui veut s’y baigner la crème solaire bio.
Domaine Riberach
2 route de Caladroy, 66720 Bélesta
18 clés, à partir de 154 euros la nuit

Domaine Riberach, dormir dans une cave catalane © DR

Domaine Riberach, dormir dans une cave catalane © DR
Casa Pertica, la dolce vita dans le Perche
Un morceau d’Italie posé dans le Perche : à Ceton, à 150 kilomètres de Paris, Casa Pertica cultive la dolce vita au milieu d’un parc boisé, dans le parc naturel régional. Kimberley Artifoni y a aménagé trois cottages de charme et une suite, mêlant poutres apparentes, parquet de chêne massif et salles d’eau d’inspiration toscane.
La maison se vit comme une demeure privée que l’on aurait pour soi : un jardin bucolique, un sous-bois où flâner, une piscine chauffée aux beaux jours, un honesty bar et de quoi bouger sans contrainte : tapis de yoga, méditation, soins et massages à domicile. Côté table, la trattoria familiale, installée à Nogent-le-Rotrou, sert une cuisine italienne à partir de produits rapportés directement d’Italie. Lire, ralentir, dîner tard, ne suivre que l’envie : tout, ici, pousse à respirer plus lentement et à reprendre le fil de ses journées loin des écrans.
Ce qui fait la différence ? L’esprit italien jusque dans l’assiette, à 2 heures de la capitale et pourtant à mille lieues d’elle.
Casa Pertica
3 impasse Saint-Nicolas, 61260 Ceton
4 clés, à partir de 171 euros la nuit

Casa Pertica, la dolce vita dans le Perche © DR

Casa Pertica, la dolce vita dans le Perche © DR
Domaine Le Mouflon d’Or, la Corse de l’intérieur
Au pied des Aiguilles de Bavella, dans le village de Zonza, le Domaine Le Mouflon d’Or a rouvert en 2025 dans une demeure patricienne du XVIIIe siècle, posée sur 19 hectares de cèdres du Liban et de châtaigniers centenaires. On est dans la Corse de l’intérieur, celle du maquis et des montagnes, au sein du parc naturel régional de Corse du Sud, à 40 minutes des plages.
L’intérieur joue le casual-chic : marbres clairs, suspensions de cristal, antiquités et matériaux chinés racontent le patrimoine corse. 25 de chambres et suites, plafonds à poutres apparentes et larges fenêtres ouvertes sur le parc. Le grand luxe, c’est le Spa Nucca et ses 1 200 m² dédiés au bien-être, où l’on échoue volontiers après une journée de randonnée. On dîne au restaurant gastronomique, on prend un cocktail au bar de la piscine au coucher du soleil, on s’endort dans le silence des montagnes. Le GR20 passe à quelques kilomètres, Porto-Vecchio à une quarantaine : on choisit son rythme, sommets ou rivage.
Ce qui fait la différence ? Un spa de 1 200 m² perché dans la montagne corse, à mille lieues de l’agitation balnéaire de l’île.
Domaine Le Mouflon d’Or
20124 Zonza, Corse-du-Sud
25 clés, à partir de 398 euros la nuit

Domaine Le Mouflon d’Or, la Corse de l’intérieur © DR
Le Refuge Chez La Tante, le sommet du débranchement
On ne vient pas ici en voiture. Perché à 1 850 mètres sur le Mont d’Arbois, entre Saint-Gervais et Megève, Le Refuge Chez La Tante ne s’atteint qu’en télécabine, et c’est tout le sujet. Quand la dernière remontée ferme et que le dernier skieur redescend, la montagne se vide : il ne reste que vous, 20 chambres et le silence.
Ce refuge de luxe, ouvert l’hiver comme l’été, revisite l’esprit des anciennes cabanes d’altitude avec bois massif, lainages, tissus feutrés et objets chinés. Le bien-être tient dans une piscine intérieure de 40 m² tout en bois et pierre, un sauna, un hammam aux essences alpines. Pour le reste, un bar à cheminée et même un bowling. À table, le restaurant Chez La Tante travaille la braise : grillades, légumes rôtis, plats mijotés au feu de bois, les meilleurs produits de Haute-Savoie. Le privilège, le voici : chausser ses skis au seuil de sa chambre et tracer les premières courbes sur la neige vierge, avant que la station ne se réveille.
Ce qui fait la différence ? Dormir là où s’arrêtent les pistes, et se réveiller seul face à l’immensité.
Le Refuge Chez La Tante – Mont d’Arbois
4284 route des Crêtes, 74170 Saint-Gervais-les-Bains
20 clés, à partir de 190 euros la nuit

Le Refuge Chez La Tante – Mont d’Arbois © DR

Le Refuge Chez La Tante – Mont d’Arbois © DR




