Brasseries de Paris et amateurs de vin font bon ménage, de la cave de vignerons tapie sous l’île Saint-Louis au rooftop étoilé de la Samaritaine. Des grands crus aux vins au verre, des magnums du vendredi aux cocktails au champagne, voici 5 brasseries parisiennes qui ont de la bouteille, au sens propre.
1. Les Fous de l’Île, Paris 4e | Une brasserie et cave de vignerons
Entre le pont Marie et le pont de la Tournelle, la rue des Deux-Ponts traverse l’île Saint-Louis de part en part. Au numéro 33, une adresse centenaire, rhabillée de neuf par une nouvelle équipe, garde le cap d’une double tradition culinaire, parisienne et aveyronnaise. Brasserie de l’île Saint-Louis en service continu de 9 h à minuit, sept jours sur sept, Les Fous de l’Île laissent chacun à son heure : on y déjeune tard, on y dîne tôt. Côté assiette, deux des spécialités maison donnent le ton, la soupe à l’oignon traditionnelle et le Tigre qui pleure (filet de bœuf mariné), tandis que l’aligot escorte la côte de cochon et son jus au sirop d’érable. Les planches de charcuterie et de fromages viennent de la table de Solange, en Aveyron, et la crème renversée au caramel, troisième du trio, dispute la vedette aux glaces Berthillon.

Façade du restaurant Les Fous de l’Île ©valexagency

La Brioche façon pain perdu du restaurant Les Fous de l’Île ©valexagency
What makes the difference? La cave, un niveau plus bas, accueille de l’apéritif au digestif et se privatise pour des dégustations sur mesure. La carte des vins réunit 105 références en bouteille, 16 vins au verre, 15 magnums et deux jéroboams, venus de toute la France, avec un détour par l’Italie. Du Marcillac du Domaine Laurens, proposé au verre comme en magnum, au Château La Fleur de Pétrus 2016, cette sélection fait des Fous de l’Île l’un des meilleurs restaurants à vins de Paris Centre et l’un des plus éclectiques. Le vendredi, les grands formats passent à prix doux.
Les Fous de l’Île
33 rue des Deux-Ponts, Paris 4e
Official website
2. Le Tout-Paris, Paris 1er | Une brasserie étoilée au septième étage de la Samaritaine
Un nom à prendre au pied de la lettre : depuis la terrasse du Tout-Paris, la ville se déroule de Notre-Dame à la tour Eiffel, avec quelques recoins arborés pour les dîners à deux. Au septième étage de Cheval Blanc Paris, dans le bâtiment historique de la Samaritaine, la brasserie récompensée par 1 étoile Michelin partage ses murs avec un bar à cocktails. Arnaud Donckele, dont Plénitude affiche 3 étoiles Michelin sous le même toit, y veille sur les fourneaux du chef exécutif William Béquin, qui rejoue les classiques du genre. Le soir, pigeon en crapaudine, sole rôtie meunière et pain perdu à la glace vanille tiennent l’affiche ; au déjeuner, place au menu Le Tout-Homard, à la Saint-Jacques nacrée ou au boudin noir à la royale. Le dimanche appartient au repas de famille, sur une carte qui tourne tous les mois. Le petit-déjeuner, lui, reste réservé aux résidents de la Maison.

The Garden at the Cheval Blanc Paris Hotel ©Vincent Leroux

Bar Grillé en Portefeuille du restaurant Le Tout-Paris ©Ilyafoodstories
What makes the difference? Pour la soif, Emmanuel Cadieu, directeur de la sommellerie, et ses équipes ont composé une carte où crus de patrimoine et trouvailles confidentielles venues de toutes les régions du monde se répondent. Ouvert à tous les styles, il soutient les petits domaines et emmène régulièrement ses sommeliers dans les vignobles. Sakés, cidres et spiritueux complètent la partition. Au Tout-Paris, une carte des vins du mois vient s’y ajouter.
Le Tout-Paris
Cheval Blanc Paris, 8 quai du Louvre, Paris 1er
3. Brass, Paris 6e | 80 références, du chenin francilien au Latour 1996
« Finaliste du championnat du monde ! » : chez Brass, les œufs mayo annoncent la couleur. Suivent les fondamentaux d’une table « de quartier » au fil des saisons, six Géants de Bourgogne n°5, château filet béarnaise ou au poivre, sole à la plancha, foie de veau en persillade. Les fournisseurs ont pignon sur carte, de la Maison Verot à Petrossian. L’Amérique s’invite par touches, avec un French mac and cheese au jambon blanc et à la truffe et un club sandwich baptisé Brass. Brasserie oblige, une bière porte aussi son nom, la Brass Blonde, servie au demi ou à la pinte.

La Salle du restaurant Brass ©Benoit Linero

Gambas de Madagascar du restaurant Brass ©Benoit Linero
What makes the difference? La carte des vins cumule profondeur et humour sur 80 références. On y grimpe d’un Graves du Château de Landiras au Château Latour 1996, en passant par un Bâtard-Montrachet Grand Cru de Pierre Morey ou un Monthelie de Coche-Dury. Les notes de dégustation, elles, cultivent les surnoms, « Pink Bill » pour le Billecart-Salmon rosé ou « VCC » pour Vieux Château Certan. Au verre, dix vins, dont un chenin de la plaine de Versailles, « Le Grand Lever » du Domaine la Bouche du Roi, qui ressuscite un vignoble d’autrefois. Même le bar s’y met : le champagne Charles Heidsieck, brut ou blanc de blancs, pétille également dans le French 75 et le Champagne Julep.
Brass
131 boulevard Saint-Germain, Paris 6e
4. Le Relais Plaza, Paris 8e | L’Art déco du paquebot Normandie, avenue Montaigne
Une Diane chasseresse derrière le bar, un grand lustre et un vitrail aux signes du zodiaque signés Lalique : au Relais Plaza, on dîne dans l’une des rares salles Art déco où Paris s’attable encore. La brasserie de l’Hôtel Plaza Athénée, inaugurée le 30 décembre 1936, doit ses lignes, inspirées du restaurant de première classe du transatlantique Normandie, à Constant Lefranc. La Diane et le lustre figurent à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, et Bruno Moinard a rafraîchi l’ensemble en 2014 en conservant tous les éléments d’origine.

Salle du Relais Plaza ©Plaza Athénée

Plat du Relais Plaza ©Plaza Athénée
En venant de l’hôtel, on longe un mur de photos dédicacées (Marlene Dietrich, Pierre Balmain, Yves Saint Laurent) ; Christian Dior, installé, rappelons-le, au 30 de la même avenue, avait même ici un menu conçu pour lui et ses mannequins. En cuisine, la cheffe Victoria Boller puise dans son héritage lyonnais pour revisiter le répertoire, du gratin de daurade 1962 à la César de sot-l’y-laisse préparée sous les yeux des convives ; les desserts reviennent à Angelo Musa. La terrasse, elle, a vue sur le va-et-vient de l’avenue Montaigne, tour Eiffel à l’horizon.
What makes the difference? Le vin jusque dans les assiettes. Le pain perdu de châtaigne aux girolles se nappe d’un sabayon au vin jaune, la terrine de foie gras s’accompagne d’une gelée de porto et les spaghettis « Paquebot Normandie » marient coquillages et champagne, clin d’œil au navire dont le Relais a hérité l’allure.
Le Relais Plaza
Hôtel Plaza Athénée, 25 avenue Montaigne, Paris 8e
5. Brasserie l’Émil, Paris 1er | Assiettes méditerranéennes et vins d’appellation au Château Voltaire
Rue Saint-Roch, une coquille d’or du XVIe siècle marque l’angle d’un immeuble que les percées d’Haussmann ont épargné, dans le triangle formé par les Tuileries, l’Opéra Garnier et le Louvre. Le Château Voltaire, hôtel 5 étoiles de 31 chambres et une suite, y abrite la brasserie l’Émil, façon taverne, banquettes en chêne massif comprises, ouverte de midi à 22 h 30 sans interruption. D’inspiration méditerranéenne, la carte file du carpaccio de bar à la poutargue au loup de mer et ses artichauts confits, fait escale en Italie (paccheri aux morilles, escalope de veau « al limone ») et pousse jusqu’en Asie avec des dim sum aux crevettes. Un petit « l’Emil » calligraphié distingue une douzaine de plats, dont la mousse au chocolat et la pavlova, proposées « à partager ou pas ».

Salle de la ©Brasserie l’Emil

Plat de la ©Brasserie l’Emil
What makes the difference? Une précision écrite noir sur blanc en pied de carte : tous les vins servis sont d’appellation, AOP ou AOC, sauf mention IGP, vin de pays ou vin de France. Dès 17 h 30, l’Émil emprunte ses cocktails au bar La Coquille d’Or de cet Hotel in the center of Paris, où le Bellini associe champagne et pêche de vigne et où un Pedro Ximénez se glisse dans le Negroni.
Brasserie l’Émil
Château Voltaire, 57 rue Saint-Roch, Paris 1er




