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Les 5 meilleurs restaurants de Monaco

Restaurants, Monaco

Les 5 meilleurs restaurants de Monaco
3 July 2026 Delphine Cooreman

Sur ce mouchoir de poche posé entre mer et montagne, où le Guide Michelin a tenu pour la première fois sa cérémonie en mars 2026, la table se vit comme une discipline de haut niveau : la Principauté affiche aujourd’hui la plus forte concentration de restaurants étoilés au mètre carré au monde. Entre pizza d’auteur, sushi doublement étoilé, mezzé beyrouthin et brasserie née sous le Second Empire, voici notre palmarès des cinq meilleurs restaurants de Monaco.

1. ZIA at Odyssey : la dolce vita sous les étoiles de l’Hôtel Métropole

Perchée au bord de la piscine Odyssey (l’une des rares signatures balnéaires de Karl Lagerfeld), sur le toit de l’hôtel de la Côte d’Azur, l’Hôtel Métropole Monte-Carlo, palace Belle Époque distingué de deux Clefs au Guide Michelin, ZIA cultive un art de la table qui ne ressemble à aucun autre sur le Rocher. La maison se vit en quatre temps, du lever du jour jusque tard le soir : colazione au réveil, mezzogiorno, aperitivo, cena. On y enchaîne le cornetto tiède avalé en peignoir et le dîner servi face aux palmiers, dans une version balnéaire et décomplexée de la grande cuisine transalpine, portée par un duo dont le pedigree force le respect. Aux fourneaux, Manon Santini, sacrée Championne du Monde de Pizza Dessert, et Rocco Seminara, tous deux passés par les cuisines d’Alain Ducasse. Autant dire que la pâte, ici, relève de la haute couture.

S’il ne fallait retenir qu’un restaurant italien à Monaco, ce serait celui-ci : ZIA signe ce que nous tenons pour la meilleure pizza de la Principauté, déclinée du salé au sucré avec une égale virtuosité. Le menu déroule un inventaire qui met en appétit à chaque ligne : gamberoni rossi à peine saisis, pizza cacio e pepe, tartufo soufflée nappée de caviar de truffe, viennoiseries maison et ricotta fresca arrosée d’un miel de fleurs au petit-déjeuner. Difficile de trouver, à Monaco, pizza italienne plus convaincante. Le soir venu, le Negroni Club prolonge l’aperitivo, et l’on comprend pourquoi la jeunesse dorée monégasque en a fait sa cantine de la belle saison. Une réserve, et une seule : ZIA est une affaire d’été, ouverte d’avril à septembre. Notre conseil : réserver dès les premiers beaux jours, avant que tout Monte-Carlo n’ait la même idée.

ZIA at Odyssey – Hôtel Métropole Monte-Carlo
4 avenue de la Madone, 98000 Monaco
Du 20 avril au 30 septembre ; aperitivo et dîner du mercredi au dimanche
The school's official website

ZIA at Odyssey © Hotel Metropole Monte-Carlo

ZIA at Odyssey © Hotel Metropole Monte-Carlo

2. Robuchon Monaco : l’héritage du chef le plus étoilé du monde

Joël Robuchon, disparu en 2018, demeure à ce jour le cuisinier le plus étoilé de l’histoire du Guide Michelin, avec un record de trente-deux macarons décrochés de son vivant. Né à Poitiers en 1945, entré en cuisine à quinze ans, il avait bousculé la gastronomy mondiale en 2003 avec ses Ateliers, ces comptoirs où l’on dîne au coude-à-coude face aux cuisiniers. C’est cet héritage colossal que perpétue Robuchon Monaco, installé depuis 2023 sur l’esplanade du Portier, le tout nouveau quartier gagné sur la mer. La consécration est venue en mars 2026 : une première étoile pour le chef Jonathan Larrieu, qui revisite les classiques français avec la rigueur maison et glisse, ici et là, de discrets clins d’œil au maître – à commencer par la légendaire purée Robuchon, lisse comme une crème.

La carte joue la partition de la haute cuisine française sans fausse note : sériole en carpaccio aux agrumes et baies roses, langoustines rôties et mousseline de truffe noire, filet de bœuf Rossini sauce Périgueux, volaille fermière et cassolette de morilles au vin jaune, loup de Méditerranée en croûte de sel, jusqu’au spectaculaire tomahawk de wagyu à la braise. Le soir, la musique s’invite et l’atmosphère se fait plus festive, loin de la raideur des temples gastronomiques. Notre verdict : une table qui honore son illustre parrain sans jamais se contenter de vivre sur sa mémoire.

Robuchon Monaco
Esplanade du Portier, 98000 Monaco
Du mardi au samedi (12h-17h et 19h-22h30)

Robuchon Monaco ©Alexis Armanet

©Robuchon Monaco

3. L’Abysse Monte-Carlo : le sushi deux étoiles selon Yannick Alléno

L’histoire commence à Tokyo, dans un comptoir de Ginza, où Yannick Alléno – deux fois triplement étoilé, deuxième chef le plus étoilé au monde – découvre en 2016 l’art d’un maître sushi. De cette rencontre naît L’Abysse, d’abord à Paris, puis en Principauté en 2024, au sein de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo. Le pari : marier la cuisine française d’Alléno, tout en sauces et en extractions, à la tradition japonaise du sushi. Fondateur en 2008 du groupe qui porte son nom, fort d’Alléno Paris au Pavillon Ledoyen et du 1947 au Cheval Blanc Courchevel, le chef y poursuit son obsession du goût juste, dans un décor confié à Laurence Bonnel-Alléno. Huit mois après son ouverture, la table monégasque décrochait déjà deux étoiles au Guide Michelin.

Au comptoir, le maître sushi Naoki Kikuchi orchestre un omakase guidé par les quatre éléments, où nigiris dressés à la minute et poissons de la pêche locale – travaillés à l’ikejime, maturés selon la « cuisine du temps » – se succèdent dans un silence presque liturgique. Les murs portent des gyotaku, ces empreintes d’encre que les pêcheurs japonais tiraient autrefois de leurs prises ; la cave aligne grands crus et sakés rares, choisis par la sommelière Michela Rosco. C’est cher, c’est rare, et c’est d’une précision désarmante : pour qui aime le sushi, l’une des expériences les plus mémorables de la Principauté.

L’Abysse Monte-Carlo – Hôtel Hermitage Monte-Carlo
Square Beaumarchais, 98000 Monaco
Tous les soirs au dîner (19h-23h)

© L'Abysse Monte-Carlo, Hôtel Hermitage Monte-Carlo

4. Em Sherif Monte-Carlo – le Liban en grand apparat à l’Hôtel de Paris

Tout commence à Beyrouth, en 2011, lorsque Mireille Hayek ouvre une table baptisée du nom de l’un de ses enfants – Em Sherif, « la mère de Sherif » – et y célèbre la cuisine libanaise dans ce qu’elle a de plus généreux. Une douzaine d’adresses plus tard, de Dubaï à Harrods, le concept a posé ses valises au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Paris Monte-Carlo, là où Alain Ducasse tenait jadis son Ômer. Aux commandes, la fille de la fondatrice, Yasmina Hayek, dont le parcours impressionne : Institut Paul Bocuse, puis les cuisines de Mathieu Pacaud, Jean-François Piège et Rasmus Kofoed, le triple étoilé du Geranium à Copenhague.

Le rituel est celui du grand mezzé, cette litanie de petites assiettes faite pour le partage : houmous snoubar à la texture de crème, fatteh d’aubergines au yaourt, salade de lentilles, sans oublier le surprenant berghoul banadoura au boulgour et tomates cerises confites, le tout porté par une terrasse panoramique ouverte sur la grande bleue et, le soir, des sets de DJ. On garde une place pour le dessert maison, le « Beyrouth–Monte-Carlo » aux dattes medjool, imaginé pour la seule adresse monégasque. Notre coup de cœur pour qui veut, le temps d’un dîner, troquer le Rocher contre les rivages du Levant.

Em Sherif Monte-Carlo – Hôtel de Paris Monte-Carlo
Place du Casino, 98000 Monaco
Tous les jours au dîner (19h30-22h15)

© Em Sherif Monte-Carlo, Hôtel de Paris Monte-Carlo

5. Café de Paris Monte-Carlo – la brasserie de légende de la place du Casino

Aucune adresse ne raconte mieux Monte-Carlo que celle-ci. Ouvert en 1868 sous le nom de Café Divan par François Blanc, l’homme qui imagina le Casino et l’Hôtel de Paris, le Café de Paris est la plus ancienne table de la Principauté, et son histoire se confond avec celle du Rocher. C’est ici, dit la légende, qu’est née en 1896 la crêpe Suzette, flambée sous les yeux du Prince de Galles, futur Édouard VII. Rouvert fin 2023 après dix-neuf mois de travaux, l’établissement a retrouvé ses courbes Belle Époque : vitraux Art nouveau aux signes du zodiaque, ornement Eiffel à l’entrée, grand bar circulaire à comptoir de zinc couronné d’un lustre monumental. Des icônes du cinéma comme Frank Sinatra ou Cary Grant aux familles royales, le Tout-Monaco y a ses habitudes depuis plus d’un siècle et demi.

En cuisine, le chef Victor Marion fait vivre un répertoire de brasserie assumé et saisonnier : soupe à l’oignon gratinée, pâté en croûte, œufs mayonnaise relevés d’une pointe de caviar, foie de veau persillé, sole meunière en cassolette de cuivre, sans oublier la fameuse crêpe Suzette toujours flambée à table. Depuis la terrasse posée à même la place du Casino, on observe le ballet des belles cylindrées comme au spectacle. Moins guindé que les temples étoilés voisins, le Café de Paris reste, à nos yeux, le rendez-vous le plus monégasque qui soit.

Café de Paris Monte-Carlo
Place du Casino, 98000 Monaco
Tous les jours, service continu (du déjeuner à tard le soir)

© Café de Paris Monte-Carlo

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